Archive de la catégorie «Monde»

Périscope

novembre 11, 2008

Sheila Bair, numéro un au top 50 des femmes d’affaires
• Elle dirige une agence de l’administration américaine, la Federal Deposit Insurance, la seule agence d’ailleurs qui sortira de la crise du crédit avec une réputation renforcée, elle est proche de Warren Buffett et surtout élève du républicain américain Bob Dole. Sheila Bair est numéro 1 au Top 50 des femmes d’affaires du Wall Street Journal, devant Indra Nooyi, présidente et CEO de Pepsico. En avril dernier, elle a été choquée lors d’une conférence sur l’immobilier par les petits propriétaires qui s’attroupaient pour participer à une séance d’information. Convaincuse que ces gens qui allaient tout perdre avec leur maison n’étaient pas «les profiteurs du système», elle a renversé des montagnes pour que l’administration Bush s’implique davantage pour réduire les saisies immobilières. Elle a aussi orchestré le rachat de la banque californienne IndyMacBank, l’une des plus grandes faillites de l’histoire bancaire. Certains la voient occuper de hautes fonctions au sein de l’équipe Obama.

Mieux vaut en faire trop que pas assez

• L’ampleur historique de la baisse des taux britanniques (1,5%) est encore inférieure aux espoirs de Martin Wolf (2%), mais l’éditorialiste du Financial Times félicite les autorités. Mieux vaut en faire trop que pas assez. Ce geste permet de poursuivre la guérison du système bancaire. Bien sûr la livre sterling risque de poursuivre son déclin, mais la politique accommodante doit être comprise non pas comme un encouragement de l’inflation, mais comme une opposition à la déflation. Un stimulus fiscal est probable, ajoute-t-il. Et la politique monétaire va rester accommodante. Le Royaume Uni peut même tester la barre des 0%.

Le chômage augmente, mais les salaires également

• Fréquemment trop optimiste, Gene Epstein, éditorialiste du Barron’s, évalue l’impact de la baisse des coûts de l’énergie sur la consommation en novembre aux Etats-Unis. Les ventes automobiles, publiées le 2 décembre, feront l’événement. Le mois d’octobre a été si dramatique qu’une reprise devrait survenir. Sinon, les dividendes de la chute du pétrole n’auront pas été suffisants pour attirer les consommateurs. Et les perspectives de croissance du PIB pour le début de l’année devront à nouveau être réduites. Après un quatrième trimestre négatif, la contraction deviendrait inévitable au premier trimestre 2009. Les ventes américaines au détail, présentées ce vendredi pour le mois d’octobre, devraient être déprimantes. Mais ici aussi il faudra éviter les conclusions hâtives et analyser plutôt les ventes de novembre, publiées le 12 décembre. Dans l’ensemble, la consommation est pénalisée par la hausse du chômage, mais les salaires sont au moins à la hausse. L’augmentation de 0,2% des salaires horaires signifie que le total des salaires s’est accru plus fortement que ce chiffre.

Le baron de Münchhausen et les baisses de taux d’intérêt

• Le retour de la confiance coûtera cher, explique Jean-Pierre Robin, dans le Figaro. La défiance actuelle se lit dans la valeur boursière de Renault, inférieure à la seule valeur des autos que le constructeur a en stock. Cette défiance se traduit par une hausse du taux d’épargne (15,8% du revenu disponible en France). L’argent des banques centrales ne parvient pas à s’incarner en investissements. Les gouvernements se trouvent dans la situation du baron de Münchhausen qui prétendait sortir des marécages en tirant sur ses propres cheveux.

Emmanuel Garessus 11/11/2008 | Mise à jour : 11:25 |
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n.réf.:20230

Le krach actuel représente l’accident intégral par excellence

novembre 11, 2008
Depuis trente ans, le philosophe Paul Virilio analyse les catastrophes comme la conséquence inéluctable du progrès technique. Il voit dans la crise financière l’exemple le plus abouti de sa thèse, dans lequel les victimes ne sont plus des morts mais des milliers de gens qui perdent leur logement.
En 2002, sous le titre «Ce qui arrive»,vous avez présenté à la Fondation Cartier, à Paris, une exposition* sur l’accident dans l’histoire contemporaine: Tchernobyl, 11septembre, tsunami… Une formule d’Hannah Arendt guidait votre démonstration: «Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille.» Avec le krach boursier, y sommes-nous?
Paul Virilio: Bien sûr. En 1979, au moment de l’accident de la centrale nucléaire de Three Mile Island, aux Etats-Unis, j’ai évoqué un «accident originel» – de ceux que nous fabriquons nous-mêmes. Je disais que nos prouesses techniques sont grosses de promesses catastrophiques. Auparavant, les accidents étaient locaux. Avec Tchernobyl, nous sommes passés à des accidents globaux, aux conséquences inscrites dans la durée. Le krach actuel représente l’accident intégral par excellence. Ses effets se diffusent loin, et il intègre la représentation des autres accidents.

Cela fait trente ans que l’on fait l’impasse sur le phénomène d’accélération de l’Histoire, et que cette accélération est la source de la multiplication d’accidents majeurs. «L’accumulation met fin à l’impression de hasard», disait Freud à propos de la mort. Son mot clé, ici, c’est hasard. Ces accidents ne sont pas des hasards. On se contente pour l’instant d’étudier le krach boursier sous l’angle économique ou politique, avec ses conséquences sociales. Mais on ne peut comprendre ce qui se passe si on ne met pas en place une économie politique de la vitesse, générée par le progrès des techniques, et si on ne la lie pas au caractère accidentel de l’Histoire.

Donnons un seul exemple: on dit que le temps, c’est de l’argent. J’ajoute que la vitesse – la bourse le prouve – c’est le pouvoir. Nous sommes passés d’une accélération de l’Histoire à une accélération du réel. C’est cela, le progrès. Le progrès est un sacrifice consenti.

- On n’étudie pas assez les accidents?

- L’historiographie dominante se limite à analyser les faits sur une longue durée. Je prône au contraire une Histoire accidentelle, faite uniquement de ruptures. L’historien François Hartog parle de «présentisme» dominant. Il faut aller plus loin. Nous vivons dans «l’instantanéisme».

Pour comprendre les accidents, il faut les étudier, mais aussi les exposer. L’accident est une invention, une œuvre créative. Qui, mieux que les artistes, peut faire sentir la dimension tragique du progrès? D’où l’exposition Ce qui arrive – j’y abordais le krach boursier – qui préfigurait un musée ou un observatoire des accidents majeurs que j’appelle de mes vœux. Non pour faire peur, mais pour faire face.

*Urbaniste et philosophe, Paul Virilio organise une nouvelle exposition avec le photographe et cinéaste Raymond Depardon, «Terre Natale, Ailleurs commence ici – Conversations», qui traite de l’enracinement et du déracinement. Fondation Cartier pour l’art contemporain, 261, bd Raspail, à Paris, tél. 00331/42 18 56 50. Ma 11-22h, me-di 11-20h, du 21 novembre 2008 au 15 mars 2009. Internet: http://fondation.cartier.com

GérardCourtois et Michel Guerrin 11/11/2008 | Mise à jour : 11:25 |
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n.réf.:20230

GérardCourtois et Michel Guerrin, Le Monde
Mardi 11 novembre 2008

Faut-il abattre le comptable

novembre 11, 2008

Au fond, il suffirait de faire taire les comptables, et tout ce marasme s’évanouirait comme un mauvais rêve. Depuis le début de la crise financière, un débat fait rage, où l’on questionne le marquage au bilan à la valeur de marché. La question est bonne, puisque de marché il n’y a plus, du moins pour certaines classes d’actifs.

Mais de quoi parle-t-on au juste?
Un bilan comptable n’est rien d’autre qu’une simulation de mise en liquidation. Il répond principalement à la question «si demain, je devais vendre tout ce que je possède, combien pourrais-je en tirer?» On inscrit donc, dans une colonne, la valeur de tout ce qu’une entreprise possède, et on met cela en regard, dans la colonne d’à côté, avec ses sources de financement, soit des capitaux propres ou ses dettes. La faillite intervient, grosso modo, au moment où l’on réalise que le contenu de la colonne de gauche ne couvre plus les dettes dans la colonne de droite.

Alors que se passe-t-il lorsque le marché sur lequel s’échangent les actifs se met à dysfonctionner violemment, voire à cesser d’exister? Toutes les colonnes de gauche rétrécissent d’un coup. Dans les bilans bancaires, certains postes, notamment ceux qui comprennent des produits financiers complexes, se trouvent brusquement annihilés. Et ces surendettements soudainement exposés pétrifient le marché interbancaire. Les banques entre elles non seulement ne se font plus confiance, mais en plus réclament le remboursement partiel de ce qu’elles se sont prêté.

Et alors que les pertes, jusqu’alors, n’étaient «que» comptables, elles se réalisent au moment où la banque se voit contrainte de vendre, dans l’urgence et à n’importe quel prix, des actifs pour faire face à ces demandes de remboursements partiels, ou «appels de marge». Ainsi chutent les marchés.

A première vue, et selon les partisans d’une réforme comptable, il suffirait donc de renoncer à inscrire au bilan les actifs à leur valeur du moment, pour que toute la spirale baissière s’enraye enfin. Avec des inscriptions à la valeur d’achat, à la valeur historique, ou à une valeur calculée selon des formules mathématiques connues d’elles seules, les banques pourraient présenter des comptes stabilisés, momentanément tenus à l’abri de la houle des marchés.

On relèvera, et c’est piquant, que parmi les premiers à réclamer une réforme comptable, on trouve nombre de fervents prosélytes du marché, dont Stephen Schwarzman, directeur du fonds de private equity Blackstone. En temps de formation de la bulle, la comptabilisation à la valeur de marché a permis à l’ensemble de l’industrie financière d’obtenir des financements démesurés pour mener à bien des opérations spéculatives. Lorsque la bulle éclate et que le marché pointe à zéro la valeur des actifs, on comprend qu’il serait bien commode pour tous de faire la sourde oreille.

S’opposent à cette réforme toute une frange de comptables intégristes, qui estiment qu’à défaut de mieux, autant s’en tenir au prix consensuel déterminé par un très grand nombre de vendeurs et d’acheteurs, cette méthode d’évaluation étant, selon eux, le gage de la plus grande transparence possible.

En résumé, ce débat oppose ceux qui estiment que le marché a toujours raison, à ceux qui, au contraire, estiment que le marché a toujours raison… sauf en temps de crise.

Mais n’y a-t-il pas mieux à penser? O n retient qu’en période de forte volatilité des marchés, tous les bilans, et pas seulement ceux des banques, perdent toute lisibilité. D’un jour à l’autre, les comptes d’une entreprise, puisqu’ils sont amarrés aux bourses, peuvent dire tout et son contraire. En est-il autrement le reste du temps? Quelle valeur peut-on attribuer à la publication trimestrielle des comptes d’entreprises? Quelle rationalité peut-on prêter aux marchés, qui sont devenus la mesure de toute chose?

On découvre ces jours, pour certains avec stupéfaction, que les fluctuations des bourses d’actions et d’obligations, mais aussi de changes et de matières premières, sont principalement le fait de gigantesques fonds d’investissements qui allouent leurs ressources à court terme. Alors que la panique aveugle tous les acteurs du système, des montants colossaux sont retirés d’un marché pour se repositionner dans un autre, presque du jour au lendemain, sans qu’aucun de ces mouvements ne fasse écho à de véritables fondamentaux.

En période de «stabilité économique», c’est-à-dire de hausse des bourses, ce sont les mêmes montants titanesques qui sont investis, certes plus posément et sur la base de tendance anticipée à long terme, mais toujours dans la recherche d’un rendement à brève échéance, et avec le potentiel d’un désengagement immédiat.

S’agissant des comptes d’entreprises, leur publication trimestrielle découle directement du besoin des investisseurs de pouvoir prendre des décisions à court terme. On comprend alors que l’économie dite «réelle» se trouve doublement prisonnière de la temporalité des marchés. D’une part, parce que ces derniers déterminent en partie la valeur des actifs, et, d’autre part parce que les entreprises cotées en bourse sont soumises à la publication de comptes trimestriels.

A l’heure où la comptabilité de l’ensemble du secteur financier – le seul dont le pouls bat réellement à la vitesse des marchés – est rendue illisible par les mouvements erratiques de capitaux en mal d’orientation, que faut-il penser de la comptabilité trimestrielle dans d’autres secteurs économiques? Certaines industries vivent au rythme de contrats sur 5 à 10 ans. Une exégèse trimestrielle de leurs comptes revient donc seulement à mesurer leur dépendance aux aléas rapides des marchés boursiers.

L’aveuglement général provoqué par la crise interroge donc très largement la comptabilité en tant qu’interface entre l’économie dite réelle et les marchés financiers. Elle n’est pas une courroie de contamination de l’une vers l’autre, mais le manifeste d’une interdépendance. C’est la nature de cette dépendance qu’il faut remettre en question, et non pas sa forme. Il n’est pas nécessaire ni même tolérable de faire danser toute l’économie au rythme frénétique des mouvements spéculatifs. Mais surtout, il est inadmissible que la publication trimestrielle des comptes et l’analyse réductrice qu’en font les marchés soient la seule mesure de la santé économique du monde. La presse financière, qui trop souvent charie sans broncher ces chiffres insignifiants, devrait être la première à apprendre à faire contretemps.

Rinny 11/11/2008 | Mise à jour : 11:25 |
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n.réf.:20231

Quel surnom va mériter le 44ème Président des Etats Unis?

novembre 11, 2008

Matthew Stevenson, écrivain, membre de l’Overseas American Academy, à Genève, montre avec humour que les présidents américains n’ont de loin pas toujours tenu leurs promesses de candidats, avec un florilège d’exemples et de surnoms historiques.

Mardi 11 novembre 2008

Si l’on s’en tient à la logique actuelle, y compris celle, irrationnelle, des marchés, l’élection présidentielle de 2008 est une réplique de celle de 1932. Selon le Bureau des analogies historiques, le récent effondrement des marchés est une répétition de la Grande Dépression. Par conséquent, l’élection du sénateur Barack Obama à la présidence est analogue à la victoire de Franklin Roosevelt en 1932 et à l’émergence d’un New Deal.

Les évocations historiques simplifient la vie des éditorialistes pour qui l’Histoire ne cesse de se répéter en métaphores aisément compréhensibles. Et si la panique des marchés de 2008 était davantage une récurrence de la récession de 1837 que le président Andrew Jackson avait léguée à son successeur, Martin Van Buren?

Surnommé «Martin Van Ruin», le président a essayé tous les stimulants financiers actuellement recommandés à Washington. Mais la crise a persisté pendant quatre ans. Lors de l’élection suivante, Van Buren a perdu contre William Henry Harrison, malgré son sobriquet de «Old Granny» (dû à son âge, 67 ans, cinq ans de moins que John McCain aujourd’hui).

L’équipe de transition d’Obama va jouer sur le parallélisme avec Roosevelt et le New Deal, car elle va entrer en fonctions en jouissant de la majorité au Sénat et à la Chambre des représentants avec, peut-être, le mandat de promulguer des lois régulant une économie de marché devenue folle.

Malheureusement, même en cas de victoire écrasante, les scrutins en faveur des présidents américains ne sont jamais accompagnés d’instructions claires. Les vainqueurs peuvent interpréter les votes comme bon leur semble. De plus, les candidats ont la fâcheuse habitude de se présenter pour le poste en gentil Dr Jekyll pour devenir le président Hyde une fois élus.

Quelques exemples

- En 1916, le président Woodrow WilsonCoiner of Weasel Words», auteur de paroles ambiguës, était l’un de ses malheureux et néanmoins révélateurs surnoms) fut réélu pour avoir tenu les Etats-Unis à l’écart de la Première Guerre mondiale. Il passa les quatre années suivantes à faire cette même guerre et à négocier sa paix.

- En 1964, Lyndon JohnsonLandslide Lyndon», autrement dit Lyndon victoire écrasante) promit aux Américains de créer une «Grande Société», un mélange de programmes sociaux. Mais sa présidence fut consacrée à la guerre du Vietnam, un aspect de la grandeur qu’il avait promis d’éviter pendant sa campagne.

- En 1800, Thomas JeffersonRed Fox», renard rouge) se présenta aux élections en défenseur d’un gouvernement fédéral peu envahissant, mais il utilisa ensuite unilatéralement le pouvoir des deniers de Washington pour acheter la Louisiane et doubler ainsi la superficie des Etats-Unis.

- En 2000, le candidat George W. BushIncurious George», George l’ignorant) dénonça ce qu’il appelait le «nation building», l’idée d’imposer des solutions américaines à des pays ennemis dans le monde. Mais depuis 2003, le président Bush a dépensé un milliard de dollars environ tous les quatre jours pour imposer les vues américaines dans des pays comme l’Irak, l’Afghanistan, le Pakistan et la Syrie.

Non seulement les campagnes présidentielles sont de mauvais indicateurs de la future action du candidat une fois élu, mais l’appartenance politique n’offre guère davantage d’orientation sur le sujet. Théoriquement démocrate, le président Bill ClintonSlick Willie», Willie l’Esquive) a poursuivi la politique économique de Ronald Reagan (le «Grand Communicateur»); il a réduit les impôts, s’est montré dur avec les syndicats et a laissé au pays un excédent budgétaire.

Dans le même registre, le président démocrate John Kennedyle roi de Camelot») entonnait lui aussi des refrains républicains. Il a diminué les impôts, mené une politique étrangère agressive, fermé les yeux sur les droits civils et augmenté les dépenses militaires. Son rival républicain Richard NixonTricky Dick», Dick le tricheur) s’est montré bien plus libéral que Kennedy pendant sa présidence. Nixon a coupé le lien entre le dollar et l’or, a développé toutes sortes de programmes fédéraux, a négocié avec des ennemis comme la Russie et la Chine, et a laissé au pays la stagflation démocrate: pas de croissance et des prix élevés.

Même si la campagne de McCain a essayé de faire passer Barack Obama pour un féru des impôts et de la dépense, un ami des terroristes et un radical fumeur de joints des années 1960, je crois qu’il sera un président républicain plus prévisible que Benjamin Harrisonl’Iceberg humain») ou Calvin CoolidgeCal le silencieux»).

Nous avons appris pendant les débats que l’idée qu’Obama se fait d’un conseiller économique ressemble au financier Warren Buffettl’Oracle d’Omaha»), l’homme le plus riche d’Amérique. Il est difficile d’imaginer un démocrate doctrinaire comme le président Harry TrumanHaberdasher Harry», Harry le tailleur) recevant des conseils économiques d’un milliardaire.

En matière de politique étrangère, Obama me rappelle surtout le président républicain William McKinleyl’idole de l’Ohio») qui allait à l’étranger en quête de monstres coloniaux. Nombreux sont ceux qui sont conscients qu’Obama – qui a des racines au Kansas – a une sensibilité du Midwest. Le fait qu’il ait choisi le sénateur Joe Biden, un partisan de l’intimidation, comme vice-président indique un goût semblable à celui de McKinley pour la diplomatie de la canonnière, celle de la baie de Manille, du Kosovo ou de l’Afghanistan.

La plupart des meilleurs présidents des Etats-Unis ont été des accidents de l’histoire, la leur ou celle de leur pays. Abraham Lincolnl’honnête Abe») n’a été élu que parce que le candidat d’un troisième parti, John C. Breckinridge, avait éparpillé les voix de l’opposition. Le vice-président Teddy RooseveltRough Rider», rude cavalier) est arrivé au pouvoir quand McKinley a été assassiné. Et Thomas Jefferson ne fut élu qu’après un vote départagé par la Chambre des représentants.

Même le très méconnu Rutherford B. HayesHis Fraudulency») n’est devenu président qu’après avoir perdu le vote populaire et truqué le résultat du Collège électoral. Mais il a sorti le pays de la panique de 1873, ce qui n’était pas un mince exploit, et a mené à bien la Reconstruction en retirant les troupes fédérales des Etats sudistes. Lorsque son mandat s’est achevé en 1881, un de ses détracteurs déclara: «Il s’est si bien débrouillé que parfois je souhaite presque qu’il ait été élu.»

Nous ne savons pas quel destin (ou surnom) attend Barack Obama. Il y a de bonnes chances pour qu’il ne soit jamais connu, comme le président John Adams, comme «Sa Rotondité». Espérons qu’il réussisse mieux que les présidents Andrew Johnsonle tailleur du Tennessee») ou John TylerHis accidency»). Mais une fois son sobriquet connu («Barack l’audacieux»; «le Professeur de droit» ou peut-être «Short Change Obama», qui ne rend pas toute la monnaie), il renfermera le verdict de l’histoire.

Pilar Salgado
11/11/2008 | Mise à jour : 11:25 |
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n.réf.:20230

Transformer le «subprime» en or

novembre 13, 2007

Dans la crise hypothécaire américaine actuelle, l’histoire financière retiendra un nom: Paulson. Ce nom est devenu synonyme des gains vertigineux qu’il est possible de réaliser en utilisant l’ingénierie financière à bon escient.

John Paulson, gérant de hedge funds, acrobate des marchés, a osé un saut des plus périlleux: mi-2006 déjà, il misait 500 millions de dollars sur l’implosion du marché «subprime». Concrètement, il a acheté de la protection via des CDS (assurances en cas de défaut) sur les tranches BBB de titres adossés à des hypothèques à la solvabilité douteuse. C’est ainsi qu’il a transformé le subprime en or: entre janvier et octobre, son rendement s’élève à 3,6 milliards de dollars (+690%), presque autant que les pertes amorties par UBS au 3e trimestre. Son gain s’est d’ailleurs réalisé entièrement sur le dos des banques d’affaires vendeuses de CDS, qui ont dû contractuellement lui payer la contre-valeur des pertes sur ces tranches.

L’«alchimiste» du «subprime», incontournable dans les fonds de hedge funds, y compris ceux de banquiers genevois, a presque quintuplé ses avoirs de 6 à 28 milliards, joignant le club des 10 plus gros gérants mondiaux.

Le Temps
Myret Zaki

Mardi 13 novembre 2007

ACTIONS SUISSES/Clôture: très faible – tourmente de la crise des subprimes

novembre 12, 2007

Zurich (AWP) – La Bourse suisse s’est retrouvée prise dans la tourmente de la crise des crédits immobiliers à risque («subprime») et a dévissé vendredi. Le nom de la banque britannique Barclays a circulé; ce serait une nouvelle victime de la crise. Les rumeurs on été démenties, mais les investisseurs n’y sont pas restés sourds.

La conjoncture n’a pas soutenu les bourses. Le déficit commercial des Etats-Unis est tombé en septembre à son plus bas niveau en près de deux ans et demi, mais le dollar est très faible. De plus, l’indice de confiance des consommateurs américains mesuré par l’Université du Michigan est tombé à 75.

Le Swiss Market index (SMI) a clôturé en repli de 2,19% à 8417,15 points, perdant 4,0% en une semaine. Le Swiss Leader Index (SLI) s’est replié de 2,01% à 1295,87 points et l’indice du marché élargi, le Swiss Performance Index (SPI) a reculé de 1,99% à 6911,39 points.

C’étaient les soldes pour la plupart des valeurs financières. UBS a chuté de 4,1% à 50,95 CHF (perte hebdomadaire: -10,1%), CS s’est délesté de 3,1% à 66,60 CHF (-8,1% en une semaine). Julius Bär a réussi à relativement résister et son repli n’est que de 0,8% à 91,70 CHF . La rumeur voudrait que la banque privée mette ses activités aux USA en Bourse l’an prochain.

Les assurances ont suivi le mouvement. ZFS (-2,2% à 317,75 CHF) et Swiss Re (-3,5% à 96,90 CHF). Elles avaient profité le matin des bons chiffres d’Allianz. Bâloise cédait 2,5% à 115,40 CHF.

Clariant (-5,7% à 11,67 CHF) a littéralement poursuivi sa dégringolade des derniers jours. Depuis la publication de ses résultats sur le 3e trimestre mercredi dernier, le groupe chimique a perdu 19,2%, l’action ayant aussi souffert des rétrogradations de cours de la part des analystes.

Swatch (-3,8% à 323,50 CHF) a aussi nettement perdu du terrain. Le groupe horloger a cependant réjoui les investisseurs avec l’annonce d’un nouveau programme de rachat. L’action n’a pas pu résisté au plongeon quasi-général du marché.

Nestlé (-1,6% à 534 CHF) a mieux fait que les autres titres, perdants, du SMI. Nestlé est la seule action gagnante sur l’ensemble de la semaine, m^me si ce n’est que de +0,8%.

Au SLI, OC Oerlikon (+3,7% à 596 CHF) a poursuivi l’ascension de ces derniers trois jours. On n’enregistre pas de données fondamentales pour expliquer cette progression. Un analyste estime cependant que des positions pourraient être prises dans le cadre d’options.

Von Roll a gagné 4,2%. Après la fin du délai consenti aux ayant droits, la pression s’est allégée, selon les courtiers. Les anciens membres du conseil d’administration ont aussi placé leurs propres actions sur le marché, suite à leur retrait du conseil, ce qui s’est avéré positif.

L’action Also a grimpé de 3,0%. La filiale du groupe Schindler a annoncé des chiffres noirs au 3e trimestre, grâce à sa filiale suédoise GNT.

Jelmoli nominative a augmenté de 3,5%. Le groupe immobilier et de commerce de détail veut lancer un programme de rachat d’actions.

Romandie News
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ps/uh/sm/ds
(AWP/09 novembre 2007 18h18)

Le patron de la société d’investissement BlackRock pourrait succéder à Stanley O’Neal, qui vient de démissionner de la présidence.

novembre 12, 2007

La chaîne de télévision américaine CNBC rapporte, lundi 5 novembre, que la banque Merrill Lynch aurait proposé à Laurence Fink, patron de la société d’investissement BlackRock, de devenir son nouveau P-DG.
Il disposerait de deux semaines pour prendre sa décision. En cas de réponse positive, il succéderait à Stanley O’Neal, qui a démissionné la semaine dernière à cause de la crise du “subprime”: Merrill Lynch a en effet dû déprécier pour près de 8 milliards de dollars de titres adossés à des créances de mauvaise qualité, contre “seulement” 4,5 milliards annoncés dans un premier temps.

Toute l’actu Business  

Une crise économique qui se double d’un possible scandale juridique. En effet, le Wall Street Journal affirmait vendredi que Merrill Lynch aurait fait appel à des fonds spéculatifs pour “sortir” de ses comptes des titres et masquer certaines pertes au troisième trimestre.
Des manipulations comptables suspectes sur lesquelles la SEC, le gendarme des Bourses américaines, enquêterait. Elle souhaiterait déterminer si Merrill Lynch était au courant depuis cet été de l’ampleur de ses problèmes et les aurait dissimulés.
La banque s’était refusée à commenter cette information, qui avait fait plonger son titre de 7,90% à Wall Street vendredi.

Un rôle accru pour Greg Fleming ?

Elle s’est également refusée à commenter les rumeurs sur une nomination de Laurence Fink. Questionné la semaine dernière sur son avenir, celui-ci avait de son côté répondu ne pas être au courant de l’intérêt de Merrill Lynch, et être heureux de son travail à BlackRock.
Les observateurs du marché le considèrent néanmoins comme le candidat le plus solide pour reprendre Merrill Lynch, du fait de ses succès à la tête de BlackRock.
Merrill Lynch possède un peu moins de 50% de la société d’investissement, et son co-président, Greg Fleming, fait partie de son conseil d’administration. Il pourrait donc disposer de pouvoirs accrus au sein de Merrill Lynch si Laurence Fink en prenait la tête.

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RALENTISSEMENT DES DÉPENSES DE CONSOMMATION

novembre 12, 2007

Le président de la Réserve fédérale américaine (Fed), Ben Bernanke, a averti jeudi 8 novembre que la croissance risquait de rester “lente” aux Etats-Unis jusqu’à la mi-2008. Toutefois, il a ajouté qu’elle devrait se “renforcer lorsque les effets du resserrement du crédit et de la correction immobilière commenceront à s’estomper”.

Le président de la Fed craint par ailleurs que les conditions “continuent à se dégrader, voire empirent” sur les marchés financiers. Mais aussi que “les prix des logements puissent s’affaiblir encore plus que prévu”. Il a ajouté que, de toute façon, “la contraction de l’immobilier résidentiel va probablement s’intensifier”, en prévoyant une augmentation du nombre de défauts de paiement sur les emprunts immobiliers au cours des trimestres à venir.

Dans le même temps, le président de la Fed a aussi exprimé ses inquiétudes au regard de l’inflation. Même si celle-ci, mesurée hors alimentation et énergie, devrait rester “dans une fourchette cohérente avec la stabilité des prix l’an prochain”, des risques “importants” existent. “Le prix du pétrole et d’autres matières premières a fortement augmenté au cours des dernières semaines, et la valeur du dollar s’est affaiblie sur les marchés des changes”, a-t-il souligné.

Par conséquent, ce retournement immobilier, associé au pétrole cher et au resserrement du crédit, devrait, selon M. Bernanke, entraîner un “ralentissement” des dépenses de consommation. Or la consommation est le premier moteur de l’économie américaine. D’après lui, l’intensification des incertitudes risque également de freiner les investissements des entreprises. Le président de la Fed a réaffirmé que la banque centrale agirait “en fonction des besoins” face à l’évolution de l’économie.

Le Monde.fr

08.11.07

Nous allons tous payer les remous américains

août 20, 2007

Les Bourses mondiales ont été à nouveau secouées hier, inquiètes de la crise des prêts américains. Ce qui n’était qu’un feu de cheminée est en train de se transformer en incendie de forêt, menaçant l’économie.

Entre 3 et 6%: de Séoul à Wall Street en passant par Zurich, les places financières mondiales ont vécu hier un coup de froid particulièrement sévère. Dès lors, après des jours de propos d’experts lénifiants, les craintes se multiplient désormais d’une mise en danger de la croissance économique, américaine d’abord, européenne et suisse ensuite.

Un analyste parmi d’autres, Jonathan Wilmot, économiste au Credit Suisse, monte carrément le ton: «La journée de jeudi pourrait marquer le point de basculement entre une saine correction des actifs les plus risqués (n.d.l.r.: Liés à la spéculation immobilière aux Etats-Unis) à quelque chose de beaucoup plus sinistre, qui pourrait conduire à une véritable détresse de l’économie.» Tour d’horizon très terre à terre de la facture que nous pourrions tous à avoir à payer…

ELISABETH ECKERT | 17 Août 2007 | 09h36

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n.réf.:20195

UBS fait mieux que prévu mais chute en bourse

août 20, 2007

La première banque suisse émet un avertissement pour le deuxième semestre.

Un mois après sa nomination à la tête de UBS et dans un climat de grande nervosité sur les bourses en raison de la crise du crédit hypothécaire américain, Marcel Rohner présente des résultats meilleurs que les 4,8 milliards attendus par les analystes. Le bénéfice net atteint en effet 5,6 milliards de francs, en augmentation de 79% sur un an.

La lecture du résultat intègre plusieurs événements exceptionnels, comme le gain de 1,9 milliard sur la vente de la participation dans Julius Bär, ou les coûts de 229 millions de francs pour la fermeture de Dillon Read aux Etats-Unis, société fortement exposée aux crédits hypothécaires, dont 122 des 230 traders sont intégrés dans la banque d’affaires…

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n.réf.: 20193