FAUNE. Le dauphin blanc qui peuplait le plus grand fleuve chinois s’est éteint en raison de l’activité humaine. Une étude suisse révèle toutefois que le Yangzi n’est pas encore un système mort comme on pouvait le craindre.
Frédéric Koller
Lundi 20 août 2007
C’était l’automne dernier. Une équipe scientifique internationale a sondé durant six semaines les eaux du Yangzi sur 1850 kilomètres, du fameux barrage des Trois-Gorges à Shanghai. Son but: débusquer le dernier dauphin blanc, le «baiji», l’une des quatre espèces de dauphin d’eau douce au monde dont le dernier spécimen avait été aperçu deux ans plus tôt par un pêcheur. Fin 2006, le verdict est tombé: aucun dauphin n’avait été aperçu dans les eaux du troisième plus grand fleuve du monde.
L’information a provoqué un choc dans la population chinoise. Avec le panda, le baiji est l’animal le plus vénéré du pays du fait de sa rareté. Les pêcheurs du Yangzi le considèrent comme une déesse protectrice. La revue britannique Biology Letters a publié la semaine dernière l’étude de l’équipe de recherche qui signe ainsi l’acte de décès du Lipotes vexillifer, une espèce vieille de 20 millions d’années. Cette disparition est le signe le plus fort de ces dernières années sur l’état alarmant de la dégradation de l’environnement en Chine. August Pfluger, créateur suisse de la Fondation baiji et mécène qui a financé cette expédition scientifique, explique ce que signifie l’événement.
Le Temps: Y a-t-il encore une chance de retrouver un dauphin blanc?